Basic Tattoo

Tout ce qu'il faut savoir sur le tatouage

Étymologie

Le mot vient du tahitien tatau, qui signifie marquer ou dessiner. La racine du mot, ta signifie "dessin" et "atoua" signifie "esprit". Le Docteur Berchon, traducteur du deuxième voyage de Cook vers Tahiti en 1772 employa pour la première fois le mot Tatoo. En 1858, le mot fut officiellement francisé en Tatouage et fit son apparition dans le dictionnaire de Littré.

Histoire du tatouage

Les humains ont depuis longtemps pratiqué le bodyart. De la peinture sur corps aux premiers tatouages de nombreuses traces au fil des millenaires témoignent de cette pratique ancestrâle qui revêt différentes significations: religieuse, esthétique ou sociale.

  • « Ötzi » , l'homme des glaces découvert gelé dans les Alpes italo-autrichiennes est mort vers 3500 av. J.-C. Il est le plus vieux tatoué connu (57 tattoos, dont certains semblent être pour le traitement de l'arthrite au niveau des articulations comme les chevilles, les genoux et le bas du dos).

  • Le bassin du Tarim (Xinjiang en Chine) a révélé plusieurs momies tatouées de type physique européen, certaines d'entre elles pourraient dater de la fin du 2e millénaire avant notre ère.

  • La femme d'Amunet (dynastie XI, Égypte, il y a 4040 ans) Cette femme a été trouvée chez Thèbes. Amunet était une prêtresse de Hathor (la déesse égyptienne de l'amour). Tous les tatouages retrouvés jusqu'ici en Égypte étaient portés par des femmes. On pense que les tattoos avaient un rapport avec la fertilité, puisqu'ils étaient tous encrés sur le bas du ventre.

  • « Les femmes de Pazyryk » , ces femmes ont été trouvées dans les montagnes de l'Altaï, en Sibérie, et ont vécu il y a environ 2400 ans. Leurs tatouages représentent des animaux ainsi que diverses créatures issues de l'imaginaire (qui ont certainement une signification magique).

Les Européens ont redécouvert le tatouage lors des explorations dans le Pacifique sud avec le capitaine James Cook dans les années 1770. D'ailleurs dans la culture européenne le tatouage était particulièrement associé aux marins et cela jusque après la Seconde Guerre mondiale.
"Au 18ème siècle, beaucoup de marins français reviennent de leurs voyages dans le Pacifique du sud avec des tattoos. En 1861 le chirurgien naval français Maurice Berchon fait paraître une étude sur les complications médicales du tatouage qui a pour conséquence de le bannir dans l'armée et la marine."

Plus généralement les tatouages ont été utilisés comme un signe d'appartenance à un groupe commes les yakuzas japonnais, les pirates, les anciens prisonniers, les légionnaires ou bien religieux comme chez les Māori.
Mais il fut aussi un moyen d'identification efficace avant que l'apparition de la photo d'identité (ils permettaient à la police d'avoir des fiches de renseignements utiles)

Récemment, dans les années 1970 le phénomène du tatouage s'est developpé en partant principalement d'Angleterre. Il n'est depuis plus seulement une manière d'afficher son appartenance à un groupe mais devient un moyen de revendiquer son originalité, de séduire, de s'embellir, de provoquer, de compenser.

Tatouages contraints

À travers l'histoire, les gens ont aussi été tatoués de force pour de nombreuses raisons.

  • Dans l'Antiquité, Hérodote raconte qu'Histiée, tyran de Milet prisonnier à la cour du roi des Perses, rasa la tête de son esclave puis tatoua un message à transmettre sur son crâne, puis attendit la repousse des cheveux avant d'envoyer l'esclave vers son destinataire (Hérodote, Les Enquêtes, V, 35).

  • Un autre tatouage contraint est l'identification ka-tzetnik dans les camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. Durant la Seconde Guerre mondiale, les nazis marquèrent une partie des déportés des camps de concentration et d'extermination d'un tatouage, sur l'avant-bras, d'un numéro matricule. Ce fut particulièrement le cas à Auschwitz.

  • Les tsiganes dans les camps, étaient tatoués d'un Z, comme Zigeuner, tsigane en allemand.

  • Par ailleurs, les soldats de la Waffen-SS étaient aussi tatoués. Il recevaient leur groupe sanguin sur la face intérieure du biceps du bras gauche. Ce tatouage était surnommé « Kainsmal » - la « Marque de Caïn » (allusion à la marque que Dieu apposa sur Caïn afin de l'empêcher d'être tué et de fuir à jamais) et ne comportait qu'une seule lettre. Contrairement à la légende, aucune autre inscription, matricule ou unité militaire n'étaient tatoués. Ceci permit d'en identifier facilement quelques-uns après la guerre.